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L’élitisme littéraire

(Stéphanie Vincent)

Lors de mon très bref parcours universitaire, soit d’une durée de 3 mois, j’ai été confrontée à ce que nous appelons l’élitisme littéraire. D’abord, qu’est-ce que l’élitisme? Selon le Larousse, il s’agit d’une «attitude ou politique visant […] à sélectionner les meilleurs éléments d’un groupe […] aux dépens de la masse». En effet, certaines œuvres sont mises de l’avant et prônées alors que d’autres demeurent dans l’ombre, car elles ne sont pas suffisamment «littéraires». Avec cet article, j’aimerais simplement provoquer une réflexion chez toi, lectrice ou lecteur, afin que tu t’interroges sur tes jugements, qu’ils soient fondés ou non.

De mon côté, j’en suis venue à me questionner sur le sujet en raison d’une lecture obligatoire qui fut La princesse de Clèves. Pendant mon préuniversitaire, où nous nous sommes intéressés à différents courants littéraires, ce titre était ressorti du lot comme une œuvre « phare » du classicisme. Qui dit œuvre phare, dit bon roman… non?

Non. Du moins, pas si nous considérons les goûts et les intérêts de chacun. Rendue à l’université, quel ne fut pas mon enchantement en m’apercevant que ce roman était au programme ! Comment dire… J’ai très rapidement déchanté. Était-ce moi qui ne comprenait pas le génie de l’œuvre? Puis, il en fut de même pour d’autres bouquins, tels Les fous de Bassan, d’Anne Hébert, ou encore plusieurs pièces de théâtre de Molière, qui m’ont donné des maux de tête.

Certes, pour qu’une œuvre soit consacrée et étudiée, c’est qu’elle est de qualité et/ou qu’elle est marquante. Cela dit, il y a énormément d’auteures et d’auteurs contemporains, que ce soit de l’ordre de la nouvelle, de la poésie ou des romans, qui valent leur pesant d’or.

Pourquoi ne nous attardons-nous que sur les «grandes» œuvres? N’est-il pas simplement primordial de promouvoir la lecture, point ? Évidemment, il importe d’offrir un bagage culturel et littéraire varié aux jeunes, ce qui leur sera utile au fil de leurs apprentissages scolaires.

Enfin, je crois tout simplement qu’attribuer une valeur littéraire aux livres, c’est les dénuer de leur âme. Une personne peut apprécier un roman X et moi, le détester. Si ce qui te plaît, c’est de lire des Archie all day long et que Maupassant n’est pas ton favori, il n’y a absolument rien de mal là-dedans.

Vous en voulez la preuve ? J’ai toujours craché sur les romans dits «chick-lit». Je les répugnais et je propageais alors cette idée, sans le savoir, d’élitisme littéraire : certains genres sont meilleurs que d’autres, plus sérieux, plus littéraires.

Or, dans le cadre de mon cours à l’université, j’ai dû me procurer un roman Harlequin. Ce fut donc la tête basse et à contrecoeur que je suis rentrée dans la librairie et que j’ai murmuré, du bout des lèvres : «Avez-vous des romans… Harlequin?»

Après une lecture désintéressée des quatrièmes de couverture, j’ai choisi celui qui m’apparaissait comme moins pire. Puis, lorsqu’il fut le temps de le lire, sans attente grandiose, je me suis surprise à éclater de rire aux premières pages.

L’héroïne, par son humour cinglant et ses répliques de feu, donnait vie à ce roman, volant entièrement (et heureusement) la vedette à celui qui était supposé me garder captive de ma lecture.

Est-ce que j’achèterais d’autres romans du genre? Fort probablement pas. Toutefois, par cette lecture, toutes mes idées préconçues sur la valeur que nous attribuons aux œuvres se sont envolées.

Qu’en pensez-vous ? Connaissiez-vous le concept d’élitisme auparavant ?

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