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Auteure ou autrice?

Tout d’abord, je tiens à vous avertir que cet article ne sera aucunement teinté de diplomatie et je ne l’écris pas non plus avec des gants blancs. Il s’inscrit dans une catégorie de blog différente, puisque Luzerne Rousse se veut une maison d’édition engagée, qui a ses propres opinions ainsi que ses principes, qu’elle respecte.

Depuis quelques temps déjà, un mouvement a pris forme et il prend de plus en plus d’ampleur : utiliser le mot « autrice » plutôt que « auteure. » Nous sommes loin d’être des linguistes, mais nous n’avons honnêtement jamais pris le temps de faire des recherches à propos de ce débat et nous avons décidé de garder « auteure » dans notre vocabulaire.

Toutefois, avec l’article de SophieLit qui est paru il n’y a pas bien longtemps, j’en ai appris un peu plus sur le mot « autrice » ainsi que sur son histoire. Pour faire un court résumé, « autrice » était employé avant le 17e siècle pour désigner une femme écrivaine. Plusieurs mots de genre féminin ont été aboli durant cette période, par nuls autres que des hommes. On se retrouve donc avec un débat féministe.

« Auteure » aurait été employé au Québec dans les dernières décennies et le mot se retrouve maintenant dans les dictionnaires, comme Antidote, puisqu’il est accepté par l’Office québécois de la langue française. Tout comme « autrice », en fait.

Là où ça me pose problème, c’est de dire qu’on ne devrait plus employer « auteure » puisque ça perpétue la domination masculine sur les femmes. Vous savez, on est en 2018. Personnellement, je ne vois pas l’effet que l’emploi d’un terme plutôt qu’un autre aurait sur la condition féminine. Et ne vous méprenez pas, je veux que la condition des femmes s’améliore dans notre société. Mais je pense que ça passe par d’autres actions que de changer un mot féminin pour un autre. Commençons par régler les problématiques d’équité salariale, par arrêter d’identifier un jouet selon le sexe d’un enfant, de dire que le rose est pour les filles alors que le bleu fait plus garçon.

Encore récemment, mon copain a eu une drôle d’expérience au magasin alors qu’il s’achetait une houppette pour la douche. La caissière lui a dit qu’il était chanceux d’avoir ce produit parce qu’il n’y en avait pas pour femmes. Il lui a demandé pourquoi elle n’achetait tout simplement pas ce produit, si elle le trouvait intéressant. Savez-vous ce qu’elle a répondu? Que c’était écrit « Pour hommes » dessus et qu’il était noir, donc pas vraiment pour les femmes. C’est complétement ridicule!

De plus, SophieLit mentionnait qu’une langue est faite pour évoluer. Exactement! Nous nous sommes adaptés à la réalité en utilisant le mot « auteure » dans notre vocabulaire. C’est un geste féministe en soi, vous en conviendrez, d’ajouter un équivalent féminin à un mot qui n’en avait plus. Et si la langue doit évoluer et aller de l’avant, il devient contradictoire de retourner en arrière pour reprendre un mot qui a un comparable dans notre vocabulaire actuel.

Alors si nous continuons à utiliser « auteure » chez Luzerne Rousse, ne le voyez pas comme un manque de respect ni comme une manifestation antiféministe. C’est seulement que nous considérons qu’il y a d’autres actions beaucoup plus pertinentes et significatives qui peuvent être posées pour faire progresser la condition féminine. Ceci dit, nous ne nous fâcherons pas si vous utilisez « autrice », mais vous ne l’entendrez jamais sortir de notre bouche! 😉

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